sobriété un jour à la fois

La sobriété, force ou faiblesse ? Maintenir ma promesse, un jour à la fois ?

La sobriété, force ou faiblesse ? Maintenir ma promesse, un jour à la fois ?

La sobriété, c’est une promesse qu’on se fait un jour à la fois et la respecter prend un force incroyable. J’en sais quelque chose…

La première fois que j’ai consommé de l’alcool, je devais avoir 15 ans. Comme tous les adolescents, j’ai commencé à boire parce que c’était apparemment la chose à faire à cet âge pour être cool. Raconter ses beuveries le lundi matin dans les corridors de l’école permettait d’atteindre un certain statut et se faire remarquer. N’étant pas différente des autres et surtout étant en quête d’identité, je n’ai pas échappé à cette supposée tradition du secondaire. J’avais envie d’être «comme tout le monde». La chose que je ne savais pas à cette époque était que malheureusement, je n’étais pas et ne serais jamais comme les autres.

Ce fléau court malheureusement dans ma famille élargie, il est imprégné dans ma génétique. Il est vrai que mes parents m’avaient déjà mis en garde, mais aussitôt entré par une oreille, c’était déjà sorti par l’autre. À 15 ans, on pense foncièrement que les parents ne savent rien et ne comprennent pas l’univers dans lequel nous baignons. Étant à mon tour parent, je vois les choses très différemment maintenant, probablement comme mes parents le voyaient à cette époque. De ma vision d’adolescente, l’alcoolisme c’était pour les gens pauvres ou d’une certaine classe sociale. Certainement pas pour une jeune fille de la banlieue, avec un passé sans tache.

Je me rappelle la première fois que j’ai goûté à un breuvage alcoolisé. C’était de la bière bon marché, consommé dans un party de sous-sol chez ma meilleure amie. J’ai aussi le souvenir de n’avoir pas trouvé ça particulièrement bon. Par contre, il est vrai que ça détendait et diminuait les inhibitions. À cette époque, mes problèmes d’anxiété avaient recommencé à se manifester de plus belle. Je sais aujourd’hui que les gens souffrant du trouble d’anxiété généralisé sont beaucoup plus propices à être atteint d’alcoolisme en raison de son effet calmant; une manière rapide et simple de s’automédicamenter. À cette époque, je ne le savais pas. J’ai donc trouvé que c’était une solution efficace qui me donnait des allures de fille assez cool auprès de mes camarades. La différence entre moi et mes amis est que ceux-ci consommaient probablement pour le plaisir, moi je le faisais pour le plaisir et pour l’effet que j’en retirais; moins de peine, moins de stress, moins de tracas, moins de tout.

Dernièrement en faisant du ménage dans mes souvenirs d’enfance, j’ai retrouvé certains de mes journaux intimes. J’avais complètement oublié leur existence et j’étais curieuse de savoir ce que la jeune fille de 15-16 avait de tant à raconter à ses livres de papier. Honnêtement, cette découverte m’a troublé et m’a surtout attristé. J’y confiais en détail mes peines et y parlais déjà de ma consommation d’alcool comme d’un allié qui me permettait de passer à travers mes journées. Wow…

Avec les années, les changements, l’adaptation, les épreuves et tout simplement la vie, cette habitude n’a fait que s’installer confortablement dans mon quotidien entrainant avec elle, son lot de destruction. Dans la vingtaine, mes proches ont commencé à s’inquiéter de mon état qui n’allait pas en s’améliorant. Mon anxiété me suivait partout et m’empêchait souvent de fonctionner normalement, mais mon ami l’alcool était là pour me ramener dans la réalité… ou plutôt dans ma réalité. Cette époque a été ponctuée d’une multitude de mauvaises décisions, de cachoteries, de mensonges, de comportements inacceptables, de paroles stupides, d’argent mal dépensé et j’en passe. C’était perpétuellement le jour de la marmotte. Je me sentais anxieuse, je buvais, je me comportais de manière honteuse, je me sentais coupable auprès de mon entourage, j’essaie de me justifier et de me cacher et tout cela ne m’amenait que plus d’anxiété. J’avais l’impression de vivre continuelle dans le même cauchemar sans jamais être capable de me réveiller.

Pendant plus de dix ans, j’ai essayé tant bien que mal de faire croire à tous que je n’avais pas de problème autre que l’anxiété et que je ne faisais que vivre ma vie de jeune adulte, en vain. Je me faisais continuellement du mal, sans parler de ce devaient ressentir les gens autour de moi. Malgré tout, arrêter n’était pas une option. Sans cette solution, que m’aurait-il rester pour m’aider. J’ai essayé de diminuer, de me contrôler et je réussissais pendant une courte période de temps, mais les bonnes vieilles habitudes revenaient rapidement me hanter.

Au cours de cette période tumultueuse, la vie m’a offert le plus beau cadeau qu’une personne peut recevoir. Un petit ange blond, aux yeux rieurs. Cet enfant, je l’avais tellement désiré et il était arrivé parfait et en santé. J’avais réussi à ne pas consommer pendant ma grossesse, mais j’y pensais continuellement. Ce fut naturellement la première chose que j’ai faite le lendemain de mon accouchement. Comme vous vous en doutez bien, cette habitude n’a pas tardé à reprendre sa place dans ma vie. J’étais retourné au même point que lorsque j’avais cesser neuf mois auparavant. En fait, je dirais même que c’était pire puisque l’année de mon congé de maternité a amené un lot inattendu d’épreuves anxiogènes.

Puis, le 21 avril 2018, ce fut trop… trop pour moi, ma famille, mon couple, mon fils, ma vie… juste trop. Ce fut LA soirée de trop. Le lendemain à mon réveil, je savais que j’avais un choix à faire sinon on le ferait pour moi. Mon fils, mon conjoint, ma famille, mais surtout moi nous méritions mieux que tout ça. Ma vie, la vie que j’avais tant voulu était à un cheveu de me glisser entre les doigts et je savais pertinemment que cette fois-ci, je n’aurais pas le droit à une deuxième chance. Je l’avais eu cette seconde chance et plus d’une fois.

Cette journée, je m’en souviendrai toujours. Je me suis rendue à ma première réunion des Alcooliques Anonymes et je me suis fait une promesse : plus jamais. J’avais trop à perdre et surtout, je méritais mieux. J’avais passé ma vie à chercher le bonheur et la tranquillité d’esprit et j’avais besoin de toute ma tête pour y arriver. Pour réussir à dompter mon anxiété, je devais être en pleine conscience de ce qui m’habitait et je ne réussirais qu’en étant sobre. Ce pari, je l’ai fait il y a presque deux ans et je n’ai jamais fait marche arrière. Est-ce que j’ai réussi? Non. C’est un combat que je vais mener tous les jours jusqu’à mon dernier souffle.

L’alcoolisme n’est pas une mauvaise habitude ou une activité à proscrire, c’est une maladie dont souffrent plusieurs personnes. La bonne nouvelle est que le remède pour se soigner est assez simple, la sobriété. Simple ne veut pas dire facile, et croyez-moi c’est loin d’être le cas. C’est la décision la plus difficile que j’ai eu à prendre dans ma vie. Par contre, avec le temps j’ai réussi à me bâtir un super coffre à outils qui me sécurise dans ma démarche et que me permet de continuer chaque jour dans cette avenue.

J’avais envie de vous présenter les outils que j’utilise pour m’aider à maintenir ma décision. Je souhaite que mon histoire et mes trucs aident un jour d’autres à emprunter ce chemin et enfin, trouver la paix d’esprit.

Bonne lecture !

Mes outils pour continuer mon parcours vers la sobriété, un jour à la fois

La première chose que j’ai faite après avoir entamé mes démarches et ce que je recommande également est de s’entourer d’un professionnel spécialisé dans cette dépendance. J’ai consulté une psychologue formidable et j’ai commencé à comprendre d’où provenait ce besoin de consommer. Bien que cette maladie soit biologique, elle a aussi un aspect social et environnemental. Je voulais aller au fond des choses. Je sais que cela peut sembler simpliste, mais s’entourer de personnes capables de nous aider à cheminer au-delà de la simple raison génétique est indéniable. Elle a été très précieuse dans ma démarche vers la sobriété. Je garde son numéro de téléphone proche et je m’en sers au besoin. Je n’hésite pas à prendre des rendez-vous ponctuels avec elle quand j’en ressens le besoin. Je trouve qu’avoir ce genre de référence à portée de la main est très rassurant.

Cette décision a été la plus difficile à prendre, mais la plus efficace de toute ma démarche. Une des raisons qui m’a poussé à consommer pendant aussi longtemps est que je réussissais à le cacher aux gens. Donc, je me suis dit qu’en parlant ouvertement à mon entourage de ce problème, je m’empêchais de pouvoir continuer à consommer en leur compagnie. Je me suis en quelque sorte incriminée. C’était une manière de m’empêcher de pouvoir consommer en présence des gens. Ensuite, j’ai voulu que mon histoire aide d’autres qui souffraient de ce problème. J’avais envie de démocratiser ce tabou et de prouver qu’il est courageux de se prendre en main. Je n’avais plus envie d’inventer des raisons qui justifiaient mon absence de consommation; j’étais épuisée de mentir. Alors, lorsqu’on me posait la question, je répondais la vérité. Les gens ont été incroyablement gentils et respectueux de ma situation. Cela a été une pierre angulaire dans mon processus de guérison.

Cette banalisation a été initiée par mon conjoint au début de mon processus. Une des choses qui me rendaient la plus anxieuse était la place qu’occupait l’alcool dans mon environnement social. Qui ne va jamais prendre un verre avec ses copains en terminant le travail ou qui ne prend jamais une coupe de vin en cuisinant le samedi soir? L’alcool était aussi une activité sociale importante pour moi, comme elle l’est pour bien des gens de notre génération. De manière générale, consommer de l’alcool a une connotation très positive et devient une activité propice au rassemblement. Mon conjoint a commencé à utiliser le mot «breuvage» au lieu de «verre». Je ne sais pas pourquoi, mais soudainement il venait de remettre la place de l’alcool en perspective. Ce mot est mon mot magique quand je me sens plus vulnérable. Me rappeler que l’alcool n’est pas une activité, une manière de m’amuser, de me détendre ou de connecter avec les gens, seulement un breuvage change rapidement mon focus. Ce liquide redevient banal à mes yeux.

J’ai décidé d’identifier une personne à qui parler dès que l’envie de boire se présente. Cette personne peut être rejointe facilement, donc avant de consommer je lui parle. C’est un peu comme une bouée de secours quand je sens que je m’enfonce. Souvent, l’envie de consommer vient avec l’augmentation de mon niveau d’anxiété. En parlant à cette personne, ici mon conjoint, je reprends le contrôle de mes comportements et pensées anxiogènes et je suis capable de me ramener les deux pieds sur Terre. Je ne fais que lui mentionner que j’ai envie de boire et il me pose quelques questions ou m’encourage à maintenir ma décision. Cette simple discussion suffit généralement à me calmer et m’évite de me construire un monde imaginaire dans ma tête.

Une autre chose qui m’a beaucoup aidé est de me trouver de nouveaux breuvages tout aussi festifs, mais sans subir par la suite les conséquences fâcheuses que pouvaient m’amener les consommations alcoolisées (d’ailleurs, dans un autre article, je vous fais une tonne de suggestions (cliquez ici pour les découvrir). Je n’avais pas envie d’être celle qui boit de l’eau dans les soirées. Donc, je me suis mise à la recherche de mocktails délicieux et agréables à boire en bonne compagnie. Le fait d’avoir moi aussi des mélanges intéressants et goûteux à partager autour de la table m’a aidé à me sentir à nouveau comme tout le monde. Me sentir différente était un élément qui me rendait anxieuse face à ma décision, donc j’ai réglé ce problème de cette manière simple.  J’ai d’ailleurs découvert un livre particulièrement intéressant sur les mocktails faits à base d’huiles essentielles : The Essential Mixologist. Également, grâce à Pinterest et à plusieurs sites web, j’ai déniché des recettes faciles à concocter quand l’envie me prend d’essayer quelque chose de nouveau.

Comme je l’ai mentionné, l’alcool était une bouée de sauvetage couramment utilisée lorsque l’anxiété faisait son apparition. C’était la première chose vers laquelle je me tournais pour me soulager. Avec cette alternative en moins, je me suis donné trois outils pour m’aider rapidement lorsque les symptômes faisaient leur apparition. Pourquoi ce nombre, tout simplement parce que si l’un ne fonctionne pas comme je le souhaite, il me reste d’autres options à explorer.

  • La première chose est de m’installer pour une méditation. Le simple fait de respirer lentement et d’observer mes sensations comme un témoin extérieur m’aide beaucoup. J’utilise un mâla pour m’aider à compter mes respirations. Cet objet, je le porte sur moi constamment afin de m’aider dès que j’en ressens le besoin.
  • La deuxième chose est d’écrire. Je prends un cahier, mon ordinateur ou ce qui me tombe sur la main et j’écris tout ce qui me vient en tête à ce moment. De coucher sur papier mes émotions me permet de m’en détacher plus facilement. J’ai l’impression de les sortir de ma tête et de les remettre à quelqu’un d’autre.
  • La troisième chose est de bouger. Lorsque je suis anxieuse, j’ai l’impression qu’une énergie malsaine envahit mon corps et la meilleure manière de canaliser cette énergie est de la dépenser. Si je suis capable, je vais faire de l’escalade ou du yoga chaud puisque cela me demande des efforts soutenus. Si je ne peux m’y rendre, je vais tout simplement faire une routine à haute intensité.

Qu’importe les outils que vous choisissez, l’important est qu’ils vous conviennent et vous aider à changer votre focus sur votre besoin de consommer afin de soulager votre anxiété.

Ce truc peut sembler controversé, mais il est fort utile. En fait, au début de mon cheminement j’ai voulu éviter tout ce qui pouvait avoir un lien avec l’alcool. Cette stratégie est rapidement devenue compliquée et stressante. J’ai vite remarqué que l’alcool se trouve partout et dans plusieurs situations. Puisque je ne pourrais m’en sauver bien longtemps, donc aussi bien l’affronter dès le départ; la concevoir comme un mur infranchissable ou l’aborder comme un défi à relever. Puisque je suis une personne qui adore relever des défis, j’ai choisi de me défier et de ne pas consommer malgré sa présence omniprésente. Je n’ai donc pas épuré ma maison de ces consommations et je ne me suis pas empêché de sortir dans certains endroits. J’ai juste continuellement maintenu ce défi que je m’étais lancé. Je ne voulais pas que les gens y compris mon conjoint changent leurs habitudes pour moi puisqu’au final, c’était ma décision et celle de personne d’autre.

En terminant sur la sobriété, continuer un jour à la fois...

Je ne prétend pas que cesser de consommer est facile malgré les mille trucs qu’on pourra essayer. Cela restera une des choses les plus difficiles que je n’aurai jamais eu à faire. C’est une maladie inscrite dans ma génétique et je devrais me battre avec ce démon toute ma vie. Par contre, je serai à tout jamais l’unique responsable de l’issue de ce combat et bien honnêtement, je n’aime pas perdre! Depuis que je ne consomme plus, ma vie est devenue plus douce, moins anxiogène et plus simple. J’apprécie enfin les soirées avec mes amis puisque je m’en souviens, je n’ai plus à vivre la constante culpabilité liée aux mensonges et aux cachoteries, ma santé et mon poids s’en portent beaucoup mieux, mes décisions sont plus lucides et réfléchies. Bref, j’y ai gagné une qualité de vie que je n’avais jamais eue auparavant et je suis enfin devenue la femme, la conjointe et la maman que je voulais être. J’ai découvert en moi une force et une détermination que je ne me connaissais pas. J’ai toujours cru que cette maladie faisait de moi une personne faible, mais au contraire elle m’a fait devenir forte et courageuse.

Maintenant, par mon histoire je désire aider d’autres qui sont dans le même bateau que j’ai aussi été à se sortir de ce chaos avec douceur. L’alcoolisme est une maladie, certes, mais ce n’est pas un point de non-retour. Avec de l’aide et de l’amour, on peut s’en sortir. Il faut seulement de la volonté et quelques bons outils.

Amitié, Laurie ♥

Vous pourriez également apprécier ces articles :

minimalisme épurer simplement

Minimalisme; découvrez comment épurer ses possessions simplement

Dans cet article sur le minimalisme, je vous présente ces 4 étapes faciles que j’ai moi-même utiliser pour épurer mes possessions simplement et en douceur. Faire le vide dans ses garde-robes permet de faire le vide dans sa tête et de laisser la chance à de nouvelles expériences de faire leur place dans la vie. C’est une expérience enrichissante et même méditative.

Lire l'article
minimalisme mode de vie

Découvrez le minimalisme comme mode de vie

Dans cet article sur le minimalisme, je démystifie ce mode de vie et je réponds aux questions les plus fréquemment posées sur cette école de pensée. Changer son « mindset » sur la consommation amène de la simplicité, de l’équilibre et de la légèreté dans le quotidien.

Lire l'article
rituels nouvelle année

Découvrez mes 5 rituels pour entamer la nouvelle année

Une autre année s’est doucement écoulée sous nos yeux amenant avec elle son lot de moments magiques, inattendus, tristes et amusants ! C’est également un moment parfait pour faire le point et regarder ce que les 365 prochains jours auront à nous offrir de nouveau et de surprenant. Dans cet article, découvrez mes 5 rituels pour entamer une nouvelle année du bon pied.

Lire l'article
Retour haut de page
Recevez gratuitement

15 recettes simples pour faire vos produits à la maison

Laissez-nous votre courriel afin de le recevoir (et n’oubliez pas de vérifier vos spams si non reçu).